L’occitan, langue de la poésie depuis les troubadours, est aujourd’hui celle de poètes tels Franc Bardou, Roland Pecout, Jaumes Privat, Miquel Decor, Alem Surre-Garcia, Silvan Chabaud, Gérard Zuchetto…qui participent activement à sa diffusion à l’occasion de Trobadas occitanas dans les bibliothèques et médiathèques, à l’occasion de concerts, d’expositions et toutes formes de rencontres avec le public.
Récitées, déclamées ou chantées leurs œuvres s’invitent sur scène pour un voyage intemporel au cœur des mots.

Franc Bardou écrit en occitan depuis 1989 et collabore à la revue Òc. Il est depuis 2011 le rédacteur en chef de la revue Gai Saber. Auteur d’une thèse de doctorat sur l’oeuvre et la pensée de René NELLI (1907-1982), il est membre de l’Académie de Jeux Floraux de Toulouse et de l’Academia Occitana.  Sa pratique poétique, traversée par celle des troubadours, s’articule autour du rythme, dans une perspective hallucinatoire ou visionnaire qui ouvre l’imaginaire des textes à tous les possibles, ce qui lui a valu le prix Goudouli de l’Académie du Languedoc « pour l’ensemble de son œuvre poétique » en 2011.

Jaumes Privat, né à Espalion en 1953, est l’un des plus importants poètes de langue occitane des XXe et XXIe siècles, autant par la diversité de ses talents créatifs que par la force de son expressivité. Peu soucieux des conventions poussiéreuses, depuis qu’il écrit, il a toujours marié l’art poétique avec la peinture, la sculpture, la photographie, et même la musique contemporaine. C’est dès 1970 qu’il choisit l’occitan. Son langage poétique est dense, précis, intense, poignant, et ne se perd jamais en artifice littéraire suranné ni en discours ou théories trop vite emportées par le temps, un temps qui se révèle n’avoir aucune emprise sur son éclatante modernité.

 

Michel Decor passe son enfance entre Cesse et Pech, étés torrides et secs de l’arrière-pays minervois ; saison verte des asperges sauvages ; vendanges amoureuses au goût de moût sucré, et cresson de Noël arraché aux eaux tièdes de la Doutze. Miquèl Decòr, baigne dans l’Òc depuis sa naissance. Etudes universitaires de Lettres, Linguistique, Culture et civilisation Occitanes, à l’Université Paul Valéry-Montpellier III.

Roland Pécout, né en Provence, commence jeune à écrire. Terminant ses études de Lettres et d’Histoire
 de l’ Art à l’ Université de Montpellier, il s’ engage dans la vie sociale et dans la découverte d’ autres cultures. Portulan, camins dau Levant / itinéraires 
en Orient (2 volumes), sera le livre de sa jeunesse, en même temps que la matrice de l’ écriture d’ une vie. Viendront ensuite des recueils de poèmes, des romans, des essais, des pièces de théâtre, des articles en revues, des créations audiovisuelles, dans les deux langues, l’occitane et la française. Comme journaliste indépendant, Pécout a couvert en partie, les conflits du Liban, du Kurdistan, des Balkans.

Alem Surre-Garcia est né à Carbonne près de Toulouse en 1944. Il est un personnage accompli par sa passion pour l’histoire, plus particulièrement pour les cultures d’Oc. À la fois philosophe, écrivain, conférencier, il fut chargé de mission pour la langue et la culture occitanes au Conseil régional de Midi-Pyrénées de 1990 à 2006. il porte l’héritage des carrefours historiques entremêlés du monde ouvrier des Pyrénées Centrales avec ses fraternités de classe entre montanhòus occitans et émigrés espagnols, mais aussi des temps plus lointains, où se sont croisées les Espagnes juives, arabes, chrétiennes, et l’Occitanie. Il n’a de cesse d’énoncer et de révéler les influences andalouse et mozarabes longtemps occultées sur le patrimoine occitan.

Dans ses conférences, spectacles, expositions, l’écrivain Alem Surre-Garcia présente l’histoire “trop souvent cachée”, des mouvements, des confrontations, des échanges, entre l’Occitanie et ses deux orients : l’orient arabo-musulman d’Al-Andalous et le Moyen-Orient de Tripoli et de Jérusalem. Le public est irrésistiblement entraîné dans ces voyages à travers les lieux et les temps par la verve de l’auteur soutenue par les images, les vidéos, les cartes numérisées, et, pour les conférences-concerts, les musiciens associatn l’Orient et l’Occident.

Une découverte alliant savoirs et plaisirs.

Silvan Chabaud, né à Saint-Raphaël en 1980, vit à Tourrettes (Haut Var) où il découvre la langue d’Oc auprès de sa famille et commence à écrire poèmes, chansons et nouvelles (en occitan-provençal et en français). Il chante d’abord ses créations au sein du groupe de Rap « Xénofil », puis plus tard, lorsqu’il s’installe à Montpellier pour des études de Lettres, avec le collectif reggae-hiphop « Mauresca fracàs dub ». Il présente en 2007 une thèse de doctorat sur le poète Louis Bellaud de la Bellaudière à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Ce travail universitaire (l’édition critique et la traduction française des œuvres de ce poète de la Renaissance provençale) est édité en 2010 par les Presses Universitaires de la Méditerranée. Depuis 1999, il publie régulièrement des poèmes dans la revue OC, certaines pièces ont été publiées dans la revue Europe (juin-juillet 2002) ainsi que dans le recueil Caminant (Editions Cardabelle, 2002) ou encore dans le cahier littéraire Le Cerf Volant (N°211, 2008). Il vit aujourd’hui dans l’Hérault, à Montpeyroux, au pied des Causses. Il ne cesse d’écrire et de chanter en occitan et vit de sa musique avec Mauresca (4 albums édités). Son premier recueil de poèmes Leis Illas infinidas (Les îles infinies) a été édité en 2012 aux éditions Jorn. Il a choisi la simplicité : des poèmes brefs, un lexique simple et transparent, une lisibilité immédiate, aucune posture théâtrale ni imposture poétique. Un univers de nature et d’humanité se dessine, limpide et plein de ferveur, brûlé d’un amour de la vie qui s’exprime sans lyrisme bavard, avec sa juste mesure d’enthousiasme.

Jean-Luc Séveracpeintre, sculpteur et graveur

Fils de Robert Séverac et de Marcelle Joseph, il passe son enfance à Capestang et à Béziers ; à Aigne, à la fin de la guerre, une cousine lui fait découvrir en vélo un lieu et un paysage extraordinaires : la cité de Minerve, son causse et les gorges de la Cesse et du Brian. Adolescent, il vit à Montluçon dans le milieu artistique que fréquentent son père, auteur dramatique, et sa mère, ancienne danseuse et directrice d’une école de danse. En 1955, à 18 ans, il devance l’appel du service militaire pour être libre de faire ensuite les Beaux-arts. En 1958 il entre en 2e année de l’École nationale des arts de Bourges dans le but d’y étudier auprès du sculpteur Marcel Gili qu’il admire et qui y enseigne. En 1960, au cours des vendanges à Aigne il rencontre Marie-Thérèse Gareil, la fille d’un viticulteur de Minerve où il décide de s’installer dans la petite maison de la ‘’Tour des Cathares c’est là, sur le promontoire qui porte la maison surplombant la confluence du Brian et de la Cesse qu’il fait sa première exposition en avril 1961. En décembre il se marie avec Marie-Thérèse, ils auront deux enfants. À Minerve, la vie est très dure et il doit travailler dans les vignes de son beau-père. Aussi se décide-t-il en septembre 1963 à prendre un poste de maître-auxiliaire de dessin au lycée de Guéret : il y reste deux ans, revient à Minerve en 1965 et n’en bougera plus. En 1968, il fonde avec quelques amis peintres et sculpteurs le ‘’Groupe Minerve’’ et ouvre définitivement en 1971 son “Atelier-Exposition San Rustic” qui va devenir le lieu de l’exposition permanente de ses œuvres. En 1974 il illustre le Petit Livre de Minerve du poète occitan Léon Cordes et en 1980 il reçoit le Grand prix de Sculpture du Salon d’art international du Pays d’Olmes. Par ailleurs il invente à cette époque une technique de peinture très originale et commence à pouvoir vivre de la vente de ses œuvres. Il peint les spirales de l’eau et sculpte avec elle les galets. Libre et indépendant, se voulant hors école, hors coutumes et hors frontières, sa peinture est qualifiée de fantastique, poétique et onirique.

‘’Quand je suis dans la nature, quand je me promène, quand je ramasse un galet ou un morceau de bois, c’est ce galet, ce bois qui m’inspirent et m’aident à réaliser l’œuvre que je porte en moi.’’

 En 1981, à la demande de la municipalité de Minerve, il sculpte dans un bloc de grès La Colombe de lumière du monument ‘’Als Catars’’, menhir commémoratif du martyr des ‘’Bons hommes et bonnes femmes’’ brûlés vifs en ce lieu en 1210. En 1989 il fait don, à l’église située en face, d’un Christ sculpté dans le buis.

Gérard Zuchetto chante les troubadours des XIIème-XIIIème siècles et la lyrique médiévale occitane dont il étudie les œuvres poétiques et musicales dans les manuscrits originaux. Chercheur et compositeur, il puise aux sources du trobar l’originalité de sa propre création et une interprétation de la canso d’hier au plus juste de ses sonorités et de ses émotions.

Chanteur et auteur, Gérard Zuchetto publie en 1996 Terre des troubadours, anthologie bilingue commentée et illustrée (Éditions de Paris / Harmonia Mundi : 455 pages avec CD), en 1998 un CDRom du même nom (Éditions de Paris / Studi / Le Seuil) et en 1999 Le livre d’or des troubadours (Éditions de Paris /Harmonia Mundi). En 2017, La Tròba, l’invention lyrique occitane des troubadours XIIe-XIIIe siècles. Anthologie commentée du Trobar(éditions Troba Vox, 2017) 812 pages. Présentation de 110 troubadours et de leurs œuvres, plus de 300 chansons en occitan avec les traductions en français.

Gérard Zuchetto est l’auteur de nombreux CD Albums consacrés aux troubadours.