Productions de Spectacles

Sandra Hurtado-Ròs

Julien Barthès : violon

Bertrand Bayle  

Fanny Bellaube : violon

André Marc Delcourt : flûtes

Michel Dumont : Cor

Laurence Fraisse : flûte

Justine Gadave : hautbois

Claire Masson : violoncelle

Cécile Varliette : alto

Jean Charles Viven : basson

Celia Zuchetto : basson

Gérard Zuchetto : récitant

Cantic Sinfonic

Max Rouquette

* La poésie occitane de Max Rouquette se fond dans les paysages et ses écrits aux parfums d’universel, transcendent la beauté de la nature et embrassent la beauté de l’être. 

Son cantique est celui de la bruyère, Cantic de la bruga, et au-delà de ce poème c’est toute sa poésie qui résonne comme un cantique des cantiques.

Gérard Zuchetto

*La poésie occitane de Gérard Zuchetto est à la jonction de la première invention de la poésie lyrique du Trobar, l’art de la chanson de Bernard de Ventadour et les prémices du surréalisme de Raimbaut d’Orange, et de la poésie occitane contemporaine avec son lot d’interrogations sur l’écriture et ses engagements occitanistes.

Miguel Hernández

* La poésie castillane de Miguel Hernández établit un monde poétique transfiguré par d’amères et terribles réalités, transmuées en poésie par le miracle d’une intuition lyrique d’abord très pure et n’ayant pas atteint la maturité et, plus tard, atteinte par la douleur et la mort. Son amour pour la nature sous toutes ses formes procède d’un ‘’bucolisme’’ païen et dionysiaque.

Antonio Machado

Antonio Cipriano José María Machado Ruiz, plus connu sous le nom dʼAntonio Machado, né le 26 juillet 1875 à Séville et mort le 22 février 1939 à Collioure. Il est l’une des figures emblématiques du mouvement littéraire espagnol.

Programme

Cantic de la bruga – Max Roqueta / Las èrbas d’aiga – Max Roqueta / La luna roseta – Gerard Zuchetto / Lo potièr – Gerard Zuchetto / Aucèls – Max Roqueta / Aucèl de luna – Gerard Zuchetto / El cementerio – Miguel Hernández / Entre lo Zèro e lo Un – Gerard Zuchetto / Lo vièlh – Max Roqueta / No quizo ser – Miguel Hernández / Planh – Max Roqueta / Anèm leugièrs – Gerard Zuchetto / Tus ojos parecen – Miguel Hernández / En el fondo del hombre – Miguel Hernández / Lo cant lo crit – Gerard Zuchetto / Velha – Max Roqueta / Cuando sea mi vida – Antonio Machado

TROUBADOURS ART ENSEMBLE

TROBADORS E CANTIGAS

Chansons du troubadour  GUIRAUT RIQUIER DE NARBONA (…1230 – 1292…)

Doctor de trobar  à la cour de Tolède ALFONSO X EL SABIO (1221-1284)

Guiraut Riquier (…1230-1292…) à la cour de Tolède ALFONSO X EL SABIO (1221-1284)

« Guiraut Riquier est né à Narbonne aux alentours de 1230 et il y vécut jusqu’en 1270 de son métier de troubadour à la cour de l’onratz vescoms Narbones, l’honorable vicomte Amalric IV. 

Dans les 48 chansons qui sont notées avec les mélodies dans le manuscrit médiéval, Guiraut Riquier nous apparait comme un excellent compositeur, habile et raffiné, élevant l’art de la monodie au sommet de la virtuosité. S’il en était lui-même l’interprète, on peut imaginer que ce troubadour de la fin du XIIIème siècle fut un chanteur virtuose. 

Dans un trobar classique, il compose ses Vers, Cansos, Retroenchas, Albas…  pour une dame nommée Bel Deport, Bien Faite ou Beau Plaisir, pour Dame des Cieux ou encore pour la vicomtesse Na Felipa d’Anduza. Mais Guiraut Riquier ne trouve pas d’écho à son trobar de maestria, art poético-musical complexe et finement élaboré de savoirs et de connaissances. Cette belle manière de trouver que son confrère d’Italie, Sordel de Goito, avait déjà abandonnée, n’est plus prisée en Languedoc ou en Provence où les nobles se sont appauvris après la croisade albigeoise qui a décimé largueza e ricor. Les cours ne sont plus aussi brillantes que par le passé et il n’y a plus de place pour les poètes-chanteurs parmi ces seigneurs aux manières grossières importées avec l’occupation des croisés, ni parmi ces clercs inquisiteurs, insensibles à l’art de trobar, et qui ne songent qu’à s’enrichir par le pillage. Alors Guiraut Riquier n’a de cesse de témoigner sur les mœurs « avilis » de son temps et de dénoncer ce monde ensorcelé.

Le troubadour de Narbonne prépare son exil. En 1270, après la mort du vicomte, il écrit sa première retroencha en l’honneur des Catalans espérant pouvoir s’installer à la cour du roi Jacme d’Aragon : Entre·ls catalans Valens / e las domnas avinens..En Catalogne la bienheureuse, parmi les Catalans vaillants, et les dames avenantes…

Mais c’est à la cour de Tolède, où il émigre qu’il va trouver un protecteur en la personne d’Alfonso X El Sabio, roi de Castille et Léon. Guiraut Riquier séjournera plus de dix ans auprès de ce roi savant et bienfaiteur et défendra son statut de troubadour et de doctor de trobar.

À cette cour où vivent de nombreux musiciens, danseurs ou bateleurs, Guiraut Riquier propose au roi, dans une suplicatio, un classement des artistes en quatre catégories : les bufos, bouffons (jongleurs amuseurs), les joglars, les jongleurs (instrumentistes et interprètes de trobar), les trobadors, ceux qui trouvent  motz e sos, et les doctor de trobar, les docteurs, ceux qui écrivent les vers parfaits, les récits et les belles poésies didactiques, et qui transmettent leur savoir aux gens de valeur. En l’an 1275, cette déclaratio aurait été adoptée par le roi… ou plutôt par Guiraut Riquier lui-même. Qui se considérait comme le digne héritier des troubadours célèbres.

A la cour de Tolède, 420 chansons en galaïco-portugais, Gallego sont notées et compilées pour former un grand manuscrit enluminé représentant nombre d’instrumentistes que le roi dédiera à la Vierge Marie : Las Cantigas per la Santa Maria, l’un des chansonniers les plus importants de l’Europe médiévale. » Gérard Zuchetto, La Tròba, l’invention lyrique occitane des Troubadours XIIe-XIIIe s., Éd. Tròba Vox 2017.

Sandra Hurtado-Ròs : chant, serpati

Mick André Rochard : vièle, oud,guiterne

Bertrand Bayle : guiterne, luth

Laurence Fraisse : flûtes

Patrice Villaumé : tympanon, vielle ténor

Christophe Montet : percussions

Gérard Zuchetto : chant, claris, direction

Sandra Hurtado-Ròs,  

Les études de chant au Conservatoire de musique de Narbonne puis à Aix-en-Provence permettent à la jeune soprano de découvrir la musique baroque et médiévale. Après quelques expériences comme soliste dans le chant choral ou dans la musique contemporaine (“D’une couleur lithique” 1999 de François Rossé), Sandra Hurtado-Ròs étudie la lyrique des troubadours avec Gerard Zuchetto et devient soliste de Troubadours Art Ensemble. Dans ses interprétations des troubadours, des chansons séfarades ou des canciones populares de Manuel de Falla, Sandra Hurtado-Ròs exprime sa passion pour la mélodie, renouant ainsi avec ses racines Sévillanes et le chant profond de son Andalousie natale.

 Aujourd’hui la chanteuse, pianiste et compositrice, qui a partagé plusieurs fois la scène avec Paco Ibañez, se lance un nouveau défi avec l’interprétation de poètes contemporains  liés à son histoire personnelle (celle de l’exil des républicains espagnols et catalans) Miguel Hernández, Federico García-Lorca, Antonio Machado… et celle de poètes occitans qui évoquent l’exil en Méditerranée, Aurelia Lassaque, Alem Surre-Garcia, Franc Bardòu, Gerard Zuchetto… qu’elle met en musique et chante dans son nouvel album CLAMOR… y vientos de amores.

Claire Masson

Vingt ans d’expérience en orchestre symphonique en tant que violoncelliste, puis copiste musicale, 

Claire Masson continue d’exercer son art en participant à des projets aussi divers que riches de surprises tels « Napoléon symphonique » de Serge Lama.

Gérard Zuchetto : récitant

 Auteur de nombreux ouvrages sur la poésie des troubadours, Gérard Zuchetto est également poète de langue occitane et française il a publié plusieurs recueils dont Entre lo Zèro e lo Un, Entrebescs e cançons, entrelacs et chansons, primé en 2019 à Toulouse par l’Académie des Jeux Floraux et en Italie où il a reçu le Premio Ostana 2019.

 

SANDRA HURTADO-RÒS

CLAMOR… a los vientos de amores, als vents dels amors 

 ¡ Clamor ! 

¡ Clamor ! igual a la de los republicanos españoles con el puño en alto, erguidos contra la dictatura y la opresión, como mi Abuelo Juan, atrapados y captivos en cárceles frías y funestas, por haber luchado por la Libertad… Como mi Tío « El Rubio », dado por muerto con una bala en la cabeza y que encontró refugio en un olivo hueco, obligado a esconderse de sus verdugos durante meses…

¡ Clamor ! igual a la de los enamorados malditos que gritan su amor y encuentran el consuelo en los brazos del otro, que contra viento y marea, contra la adversidad, siempre quedan unidos, unidos hasta la tumba…

¡ Clamor ! igual al grito de esperanza de un pueblo huyendo de la tiranía, atravesando el mar en busca de una vida mejor, de una vida nueva, buscando una tierra prometida… Algunos alcanzarán sus sueños, todos los demás permanecerán para siempre dejando llevar a las olas, a la merced de los vientos, la esperanza que hacía latir su corazón y brillar la luz de su vida… Sandra Hurtado-Ròs

 ‘’Clameur ! pareille à celle des républicains espagnols se dressant le poing levé contre la dictature et l’oppression, comme mon Grand-Père Juan, et se retrouvant captifs dans des prisons froides et funestes, pour avoir lutté pour la Liberté… Comme mon Oncle « El Rubio », laissé pour mort, une balle dans la tête et qui trouva refuge dans le creux d’un olivier, obligé de se cacher de ses bourreaux des mois durant…

Clameur ! comme celle des amoureux maudits qui crient leur amour et trouvent le réconfort dans les bras l’un de l’autre, qui contre vents et marées, contre l’adversité, restent liés à jamais, restent liés jusque dans la tombe…

Clameur ! comme le cri d’espoir d’un peuple fuyant la tyrannie, traversant la mer pour une vie meilleure, pour une vie nouvelle, cherchant une terre promise… Certains atteindront leurs rêves, les autres resteront à jamais dans les eaux profondes, laissant emporter au gré des vagues, au gré des vents, l’espoir qui faisait battre leur cœur et briller la lumière de leur vie…’’ 

PROGRAMME

 Compositions Sandra Hurtado-Ròs

Clamor, Federico García Lorca

Antes del odio, Miguel Hernández

Autra tèrra, Gerard Zuchetto

De profundis, Federico García Lorca

Aucel blau, Gerard Zuchetto

El viento que no amó, Miguel Hernández

L’Academia, Gerard Zuchetto

A mon pastre nomada, Aurelia Lassaque

Alep, Gerard Zuchetto

La cançon vielha d’Antiòcha, Alem Surre Garcia

Me farai sorga, Aurelia Lassaque

Los enamorados, Miguel Hernández

Que quiere el viento, Miguel Hernández

Lo que pasó pasó, Antonio Machado

Se perdre dins son bel esgart, Gerard Zuchetto

T’ai esperada, Franc Bardòu

Y después, Federico García Lorca

Norbert Paganelli & Henri-Etienne Dayssol : récitants
Sandra Hurtado-Ròs : chant, clavier
Gérard Zuchetto : chant, claris
André Rochard : guitares, oud, guiterne, nei
Thierry Gomar : percussions, vibraphone

Textes
Norbert Paganelli – Henri-Etienne Dayssol – Franc Bardòu 
Gérard Zuchetto – Antonio Machado – Federico Garcia-Lorca

Musiques
Sandra Hurtado-Ròs – Gérard Zuchetto
André Rochard – Thierry Gomar

 

Altru Mare – Autra Mar

Spectacle Poético-musical

Se pourrait-il que la mer, cette mer qui est nôtre soit aussi la leur ?
Eux, à la fois si semblables et si différents !
Les gouttes d’eau ne sont que des gouttes, elles se ressemblent, dit-on communément…
Il n’existe pourtant pas deux gouttes qui soient rigoureusement semblables…
La voici donc cette autre mer que nous souhaitons célébrer : une mer aux multiples facettes où affleure, sous l’apparente diversité des hommes et des cultures, l’unité et la permanence d’un message à redécouvrir et à célébrer.
Son avenir est inscrit dans la logique même de cette démarche qui est de bâtir des ponts, d’emprunter des navires, de semer… même si nous savons tous qu’il faut beaucoup semer pour récolter un peu de ces graines prometteuses de survivance.
Il en fut toujours ainsi.
Inlassablement, nous célèbrerons cette mer afin que le jour qui se lève soit un jour nouveau oublieux des vieilles querelles.
Et en ce sens, la poésie et la musique, qui se sont unies depuis la nuit des temps portent les voix multiples de ceux qui croient en l’Humain.
Riche de ses racines, ancrées au profond de chacun de nous mais s’élevant au-dessus de nos têtes, cette création artistique souhaite y contribuer.

Les textes en langue corse de Norbert Paganelli, ceux en français d’Henri-Etienne Dayssol donnent écho aux poèmes en langue occitane de Franc Bardou, Gérard Zuchetto, des troubadours et en castillan d’Antonio Machado et Federico Garcia Lorca dans une création musicale originale mêlant instruments traditionnels ou anciens (oud, guiterne, vièle à archet, nei, derbokas, zarb…) et instruments plus actuels tels le clavier et le vibraphone.
Spectacle chanté, parlé et joué à six voix pour porter plus loin les valeurs d’humanisme et de fraternité au sein d’une Méditerranée qui trop souvent se déchire.
Donner à rêver mais aussi à agir pour ne pas trembler devant la montée des intégrismes. A leur façon, les artistes sont les passeurs de ces idées de tolérance, paratge, convivencia.

Gérard Zuchetto : chant, guitare
Sandra Hurtado-Ròs : chant, piano
Damien Combes : guitares électriques
Denyse Dowling : flûtes, chalemie
Patrice Villaumé : vielle à roue, tympanon
Abdalatef Bouzbiba : violon
Jean-Jacques Kotto-Bekima : stick guitar
Thierry Gomar : percussions
Pascal Hurtado : batterie
Compositions, arrangements : Gérard Zuchetto et Sandra Hurtado-Ròs

Les Poètes du Sud

Les poètes du Sud occitans ou catalans de cœur, qu’ils aient pratiqué ou non la langue originale, se sont inscrits dans le sillage des troubadours du Moyen Age en portant haut et clair l’art de la parole libre et en refusant toute forme de conformisme dans l’écriture. Ce sont d’abord des inventeurs et des découvreurs, représentatifs du Génie d’Oc cher à René Nelli, Max Rouquette et Franc Bardou. Et leurs frères en trobar moderne, italiens et espagnols ont fait souvent écho à leur engagement.

Dans cette création musicale originale, Gérard Zuchetto et Sandra Hurtado-Ròs  chantent Trobadors, Bakhshis, cantos sefardis, maquam : Ali Shir Navâ’i ; Hakīm Abu’l-Qāsim Firdowsī Tūsī ; Al-Sayyab, Al-Rassafi , Nazik Al Mala’ika ; Ausiàs March ; Jacint Verdaguer, Charles Cros ; Pierre Reverdy ; Joë Bousquet ; Pier Paolo Pasolini ; Federico Garcia Lorca ; René Nelli ; Elsa Morante ; Max Rouquette et Franc Bardou dans une interprétation vive et colorée des sonorités de la Méditerranée

‘’Je nʼai pas dit ce que jʼaurais voulu ni dû dire. Et aucun dʼentre nous nʼy arrive jamais. Les choses vraies, sincères, se disent rarement, dans des instants dʼivresse poétique peut-être… Ce que jʼai dit de mes films était sans doute un prétexte. La réalité est quʼils disent de la joie et de la souffrance. En même temps. Depuis lʼenfance, dès mes premiers poèmes du Frioul jusquʼau dernier poème que jʼai écrit, jʼai utilisé une expression de la poésie provençale: « ab joy ». Le rossignol chante « ab joy », par joie. Mais « joy » en provençal a un sens particulier dʼextase, dʼeuphorie, dʼivresse poétique. Cette expression est peut-être la clé de toute ma production. Jʼai écrit pratiquement « ab joy » au-delà de toute rationalisation, de toute référence culturelle. Le signe qui a dominé ma production est une nostalgie de la vie, un sens de lʼexclusion, qui nʼôte pas lʼamour de la vie, mais lʼaccroît.’’ P.P.Pasolini

« Cet «esprit», ouvert par l’art courtois d’Occitanie, est resté en germe dans toute la lyrique du «Grand Midi», ainsi que l’appelait Nietzsche, en y maintenant l’équilibre entre le chant ouvert et le «Trobar » hermétique, entre la clarté et l’obscurité, entre la beauté extravertie du monde et son sens caché.
Avec les grands troubadours Raimon de Miraval du Carcassès et Guiraut Riquier de Narbonne, Charles Cros, Joé Bousquet, Pierre Reverdy, René Nelli, Max Rouquette… POÈTES DU SUD et chantres du Génie d’Oc ont donné leur voix à l’invention poétique occitane.
C’est à la jonction de cette tradition et de cette extrême modernité que se situe Troubadours Art Ensemble, sous la direction Gérard Zuchetto.
Du trobar médiéval au trésor poétique contemporain, il parcourt et englobe dans sa «manière» tout le spectre musical qui va de Bysance à la Sardaigne, de Cordoue au bel canto, de Naples à la monodie romane.
Et la surprise qu’il nous réserve, c’est de faire entendre par là des accents d’une contemporanéité encore à découvrir. » Gil Jouanard

Vidéo

Le grand poète, philosophe et historien du catharisme, René Nelli(1906-1982), nous a légué une œuvre majeure avec son Oda a Montsegur. Ecrit tantôt en vers, tantôt en prose, ce récit est une ode à la liberté à travers l’évocation du Château de Montségur, des hérétiques cathares et de « l’âme occitane ». C’est une oeuvre intemporelle qui traduit le tempérament bouillonnant de cet « occitaniste » de la première heure.
En 1971, Jacques Charpentier consacrait un opéra à l’une des œuvres du poète, Béatrice de Planissoles.
Aujourd’hui, Gérard Zuchetto et ses amis musiciens ont choisi de rendre hommage au poète en mettant en musique ses textes de façon vive et colorée.

Oda à Montsegur

MONTSEGUR 1944.
« Cauna dels morts Boca d’ombra cridant al pus naut de la sèrra 
com un resson de victoria ton vièlh segrèt patarin sus ta paret ai escriut amb lo cor plen d’espèr : libertat cap al solelh e pr’aquô dreit dins la nuèit de la tèrra.
Antre des morts, bouche d’ombre clamant sur la haute colline comme un écho de victoire ton vieux secret Patarin, sur ta pierre, le cœur plein d’espoir, j’ai écrit : Liberté, face au soleil et pourtant droit dans la nuit de la terre. »

L’auteur et les chants du Tout-Possible

René Nelli est un poète majeur et sa poésie est la voix d’un homme dont la culture ne cesse d’étonner tant de par son étendue que de par son originalité. Parcourir les chemins de la vie intellectuelle de René Nelli revient à se livrer à une formidable aventure de l’esprit.
René Nelli naquit en 1906, et son père Léon Nelli, homme lui-même original et cultivé, offrit sans doute à son fils une nourriture d’esprit assez exceptionnelle pour son époque. On sait que très jeune, René Nelli, découvrira les recoins mystérieux de l’histoire, la littérature d’oc, l’ésotérisme dans la bibliothèque de son père, et que lorsqu’il rendra visite pour la première fois à Joë Bousquet, sans doute en 1921, celui-ci sera frappé par la culture peu conformiste de cet adolescent qui se sait déjà poète.
C’est en hypokhâgne à Louis-le-Grand, aux côtés des Ferdinand Alquié, Maurice Merleau-Ponty, Robert Brasillach, que débuteront ses études supérieures, alors qu’il brûlait ses 18 ans. Au même moment, André Breton lançait depuis Paris le premier Manifeste du Surréalisme, en 1924. Nelli, loin de se contenter de “suivre” l’exemple de Breton, ira découvrir chez ce dernier des arguments qui nourriront sa propre pensée, aussi bien politique qu’artistique, et qui l’aideront à identifier et formuler les éléments distinctifs et caractéristiques d’une école surréaliste différente de celles de Paris : son cénacle se révélera rapidement être “la chambre de Joë Bousquet”. Une forte et durable amitié unira ces deux hommes. Nelli saura recevoir et adapter à son tempérament personnel le génie vertigineux de Bousquet. Mais au poète Nelli, il convient d’ajouter le philosophe, l’historien, l’ethnologue, l’ésotériste, l’érotologue ; puis, bien sûr, mais tout cela semble en découler logiquement, l’acteur occitaniste de la décentralisation culturelle…
Nelli acheva ses études supérieures à Toulouse. Il eut un poste éphémère à l’Institut Français de Zagreb en 1931, puis il fit un séjour à Raguse. Sa première affectation dans l’enseignement secondaire fut à Maubeuge, mais il s’empressa de revenir dans l’Aude, d’abord sur Castelnaudary, puis sur Carcassonne où il s’installa définitivement dès 1936.
Là, sous l’influence de Joë Bousquet, René Nelli aurait pu s’acheminer exclusivement vers une “littérature occitane d’expression française”, comme les Paul Valéry, François-Paul Alibert, Louis Aragon, ou autres René Char. Mais la passion pour l’écrit occitan fut plus forte que la tentation de se fondre dans l’usage francophone commun du “groupe de Carcassonne”. Il participa certes aux revues “Chantiers” qu’il créa e dirigea à Carcassonne avec François-Paul Alibert et Joë Bousquet (1928-1930), et très jeune encore, “Cahiers du Sud” auxquels il œuvra significativement avec le Marseillais Jean Ballard pendant très longtemps (de 1929 à 1966). Mais il travaillera activement à la revue “OC” avec Ismaël Girard en faveur des Lettres occitanes. En 1945, René Nelli participa donc à la fondation de l’Institut d’Estudis Occitans, et c’est en 1981 qu’il fondera le Centre (National) d’Etudes Cathares, peu avant sa disparition en 1982.
Nous distinguerons “plusieurs Nelli”, en apparence contradictoires. Ainsi l’herméticien semblera s’opposer à l’hérésiologue, le mystique de l’Être à l’érotologue, l’ethnologue à l’universaliste. La synthèse de ces polarités siégera bien sûr dans l’art poétique.

Spectacle né des différentes formes du trobar occitan en regard de l’art poético-musical en Occident et en Orient.
C’est un hommage à ceux qui ont inventé le sens profond du Génie d’Oc et de la littérature moderne Européenne : les troubadours. Parce qu’ils connaissaient les pratiques de la parole libre en chansons dans le monde entier, leur art reste universel. Une rencontre exceptionnelle avec Sandra Hurtado-Ròs,Andalousie, Fawzi Al Aiedy,Irak, Junko Ueda, JJ Kotto- Bekima, Will Offermans, Michel Raji, Gérard Zuchetto, les musiciens de Troubadours Art Ensemble et les structures Baschet.

Troubadours Caravane

Cansos de trobar
Les troubadours chantent amour, joie et jeunesse, dans une savante alchimie des mots et des sons. La canso de trobar est ouvrée et forgée de mots de valeur. Pendant deux siècles, ces artistes de la parole libre s’inventent une esthétique nouvelle, art de trobar. Pour comprendre et ressentir cet univers, délibérément exposé en plana lenga romana, occitan, il faut lire entre les lignes et cheminer dans l’enchevêtrement métrique et mélodique des chants. Cet entrebescamen est autant artistique qu’amoureux. Trouver pour aimer, aimer pour trouver, créer, inventer et se dépasser. La domna, la dame, est placée au centre de la création lyrique. Les cours occitanes, espagnoles, italiennes, celles d’outra mar, Tripoli ou Jerusalem et les personnages politiques influents, accueillent ces poètes-musiciens, chanteurs, avec un intérêt certain. Quand les grands de ce monde participent au débat poétique, les troubadours se mêlent au débat politique. Dans un contexte de convivialité et parage, convivencia e paratge, naît et s’épanouit le trobar, aujourd’hui considéré, à juste titre, comme le berceau des littératures actuelles.

Chant du maquam et le chant arabo-andalou
Le maquam est à la fois le lieu qu’occupe le musicien et le mode dans lequel il va oeuvrer.
Dans le monde arabe, l’improvisation est une forme de musique essentielle, selon divers modes et l’humeur. Il y a 199 modes, il en circule une trentaine. Le maquam, chanté ou instrumental, est particulièrement cultivé en Irak où il représente un élément essentiel du prestigieux héritage abbasside. Il mêle musique écrite et musique orale, art savant et art populaire dans une émouvante tradition mélodique et poétique faisant s’envoler l’improvisation et l’imagination.
« Le patrimoine musical arabo-andalou chanté à Bagdad, Alep, Damas, Le Caire, Tunis, Constantine, Alger, Tlemcen, Fès, Tétouan et sans doute dans les villages d’Andalousie où quelques bribes de ce patrimoine subsistent encore en version espagnole dans les répertoires locaux » Nadir Marouf.
La musique arabo-andalouse, aussi appelée al-ala ou al-andaloussi au Maroc, gharnati, san’â ou malouf en Algérie, en Tunisie et en Libye est un genre musical profane, classique ou savant, du Maghreb, distinct de la musique arabe classique pratiquée au Moyen-Orient (ou Machrek) et en Égypte. Elle est l’héritière de la musique chrétienne pratiquée en Espagne avant la Conquista, de la musique afro-berbère du Maghreb et de la tradition musicale arabe transmise au IXe siècle de Bagdad (alors capitale des Abbassides) à Cordoue et Grenade grâce notamment à Abou El Hassan Ali Ben Nafiq ou Ziriab, musicien brillant qui en créa à l’époque les bases, en composant des milliers de chants et en instituant le cycle des noubat, composées de formes poétiques tels le muwashshah ou le zajal (qui furent une des sources des Cantigas de Santa Maria du roi Alphonse X de Castille, et du flamenco). La nouba se distingue de la wasla et de la qasîda arabes tant par ses modes que par ses formes.

Chant des Heike monagatari
Heike Monogatari, c’est-à-dire « le Dit des Heike ») est une épopée qui raconte la lutte entre les clans Minamoto et Taira au XIIe siècle pour le contrôle du Japon. Recueillis de la tradition orale en 1371 et considérée comme l’un des grands classiques de la littérature japonaise médiévale, elle est un produit de la tradition des Biwa hōshi, bonzes aveugles qui sillonnaient le pays et gagnaient leur vie en récitant des poèmes épiques tout en s’accompagnant au biwa (luth).Le Heike Monogatari appartient au genre des chroniques guerrières, les gunki, tout comme le Hôgen Monogatari, « Récit (des troubles) de l’ère Hôgen » et le Heiji Monogatari, « Récit (des troubles) de l’ère Heiji ». Cependant le Heike Monogatari est de loin le plus célèbre, cette « Geste des Taira » comptant au moins une centaine de versions. La plus fameuse comprend douze livres et s’appuie sur un manuscrit fort ancien, daté de l’ère Enkei (1308-1309).(…)
Le Dit des Heike a fourni le matériau de base pour nombre de travaux artistiques ultérieurs,
surtout des pièces de théâtre nô, de kabuki, et des ukiyo-e.

Chants Séfarades
Musique séfarade : on associe souvent « séfarade » à « non-ashkénaze » alors que le terme signifiait originellement « d’ascendance juive hispanique ».) De nombreux Marocains d’un certain âge chantent encore des romances (ballades) dont on peut retracer l’origine à la poésie espagnole d’antan; on peut aussi entendre des chansons paraliturgiques dans une langue teintée d’hébreu et de judéo-espagnol, de même que des chansons de mariage, de récréation ou des poésies lyriques en « haketiá » (judéo-espagnol marocain) et en « Ladino » (« Dzudez » et « Spaniol »).
Séfarade désigne la péninsule ibérique, en hébreu. Les Séfarades s’y sont implantés environ 500 ans avant JC. Cette communauté juive a prospéré et elle occupait des postes administratifs importants sous l’occupation maure. Lors de la Reconquista, elle a dû fuir l’Espagne. La langue de ces chansons est un espagnol du quinzième siècle qui a peu évolué depuis, en raison de la diaspora. Il s’est toutefois imprégné des différentes cultures où les Séfarades se sont installés (dans le sud de la France, l’Italie, la Grèce, le Maroc, la Turquie et les pays de l’Est). Il est intéressant de constater qu’une même chanson accueille parfois des influences diverses, voire des textes variés. On rencontre, à l’inverse, plusieurs mélodies s’inspirant d’un même texte.

Vidéo

Textes : manuscrits XIII°-XIV°s., Gérard Zuchetto, Louis Aragon,
poèmes de Franc Bardou et René Nelli

Musiques : manuscrits XIII°-XIV°s. ; Troubadours Art Ensemble
Sandra Hurtado-Ròs ; Gérard Zuchetto

Na Loba

Conte musical de Troubadours Art Ensemble

Une fresque médiévale occitane toujours d’actualité : l’amour et l’art de trobar, la Canso de la croisade contre les Albigeois et l’Occitanie dans la voix des poètes actuels

1er tableau : tan Na Loba m’a conques… les folies de Peire Vidal

Na Loba était du Carcassès, et Peire Vidal se faisait appeler Loup pour elle et il portait des armes de loup. Dans la montagne de Cabaret, il se fit chasser par les bergers, avec leurs mâtins et leurs lévriers, comme on chasse un loup.

2ème tableau : de la bela don sui cochos… les obsessions de Raimon de Miraval

Il l’appelait Mais d’Amic Plus qu’Amie et la Louve acceptait ses prières et sa requête d’amour, et lui promettait de lui faire plaisir. Mais elle n’avait pas d’amour pour lui, et ne lui faisait ou ne lui disait des gentillesses que par tromperie.

3ème tableau : Amor, amar, morir… les attraits de Na Loba

Car si tu veux Louve chasser
arme-toi de ton être entier
tu pourras la chanter partout
pourvu que tu aimes l’embrasser
comme un loup, l’ayant bien servie
et en donner sens à ta vie.

4ème tableau : lo temps de la Crozada…

Venus de Bram des «hérétiques», condamnés par l’Inquisition et auxquels on a crevé les yeux, marchent vers Lastours.
Ils sont guidés par celui à qui l’on a laissé qu’un œil.
Ai ! Toloza e Provensa / e la terra d’Argensa
Beziers e Carcassés / qui vos a vist qui vos vei !

5ème tableau :desperta te !…
le temps de trob’art et l’écho des poètes du Sud
« Je dois à l’ancienne poésie d’oc peut-être l’honneur de ma vie.. »

Vidéo