Biographie

Gérard Zuchetto est un passionné de l’art lyrique des troubadours dont il est devenu un spécialiste. Depuis 1981, il chante les troubadours des XIIe-XIIIe siècles qu’il étudie dans les manuscrits médiévaux. Auteur et compositeur, il puise aux sources du trobar l’originalité de ses propres créations musicales. Un Trob’Art concept qui projette le chant de la poésie occitane d’hier et celle d’aujourd’hui dans un univers artistique très personnel où se mêlent, écriture musicale contemporaine, instruments anciens, danse et sonorités actuelles… du rebec monoxyle aux structures sonores et Cristal Baschet.

Bibliographie et cd-rom

Gérard Zuchetto est l’auteur de plusieurs ouvrages :

* Terre des troubadours – Anthologie commentée, illustrée 500 p. + CD audio, Editions de Paris-Max Chaleil (distrib. Harmonia Mundi), 1996.
* Terre des troubadours, cd-rom, Editions Presses du Languedoc Multimédia (distrib. Studi, Le Seuil ), 1998.
* Le Livre d’or des troubadours, Anthologie 350 pages en collaboration avec Jorn Gruber Editions de Paris-Max Chaleil (distrib. Harmonia Mundi), 1998.
* L’Ode / Aude des troubadours, itinéraire artistique en Aude des troubadours, avec cd-rom, à paraître
* Articles dans des revues, (Esprit du Sud Ouest, Histoire médiévale, Cathare magazine, Gai Saber …)
* Collection Camins de Trobar -Vol.1 – 2 et 3 – Trobar et Troubadours XIIème – XIIIème siècles – le monde des troubadours dans ses aspects artistiques – Collection illustrée bilingue occitan-français au format BD en 60 pages – 2013
* Retrobar lo Trobar – Collecton Votz de Trobar n°9 – Education sentimentale, artistique et culturelle de l’Europe… quelques pistes. Collection illustrée trilingue occitan-anglais-français – format A5 en 143 pages – 2017
* La Troba – Anthologie, l’invention lyrique occitane des troubadours XII et XIIIe siècles – Editions Troba Vox, 812 pages – 2017

Festivals : création et direction artistique

1987-1989 : Troubadours à Carcassonne 

2001 : La nuit du Trobar (Brive Salon du Livre)

2002 : Troubadours du Monde (Ussel)

2006-2008 : Festival Trob’Art Troubadours du Monde à St Michel de Grandmont

2006 – 2025 : Les troubadours chantent l’art roman en Languedoc-Roussillon / Occitanie

Spectacles Compositions co-écrites avec Sandra Hurtado-Ròs et scénique de Gérard Zuchetto

* Troubadours Caravane, spectacle né des différentes formes du trobar occitan. Avec Junko Ueda ( Japon), Sandra Hurtado Ros (Andalousie), Fawzi Al Aiedy (Irak), JJ Kotto-Bekima ( Bulgarie), Will Offermans, Troubadours Art Ensemble et Frédéric Bousquet et le danseur Michel Raji.
* Na Loba, Conte musical en Occitan et en Français pour deux comédiens, deux danseurs et dix musiciens. Livret de Gérard Zuchetto, Franc Bardou et manuscrits médiévaux. Créé à l’Airol de Ferrals des Corbières, Février 2007.
* Milgrana Clausa, oratorio en Occitan pour douze musiciens et deux comédiens. Livret d’Alem Surre-Garcia. Créé à la Cité de la Musique – Paris, Avril 2004.
* Terras Londanas, Opera Balada en Occitan pour douze musiciens, et comédiens. Livret d’Alem Surre-Garcia. Créé au Moulin – Roques s/Garonne, Novembre 2004.
* Flamenca !, balade occitane pour douze musiciens et chœur. Gérard Zuchetto d’après le manuscrit original de la B.M. de Carcassonne. Créé au Tartu Vanamuusika Festival Tartu(Estonie) – Septembre 2003

* Troubadours Art Ensemble Occitan Trob’art Concept 1 – Double CD Album 2h (avec S. Hurtado-Ròs, I. Bonnadier, J.dau Melhau, G. Robert, D. Regef, P. Villaumé, M. Moncozet, V. Loomer, D. Dowling, N. Blanton, Th. Gomar ; G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements) – Réf. TR001, Novembre 2000.
* Troubadours Art Ensemble Occitan Trob’art Concept 2, – Double CD Album 2h (avec S. Hurtado-Ròs, I. Bonnadier, P.A. Saint-Yves ; J.dau Melhau, G. Robert, D. Regef, P. Villaumé, M. Moncozet, V. Loomer, V. Condesse, D. Dowling, N. Blanton, Th. Gomar ; G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements) – Réf. TR002, Septembre. 2001.
* Troubadours Art Ensemble Occitan Trob’art Concept 4 : Le troubadour Guiraut Riquier – 1 CD Album 1h15 (avec S. Hurtado-Ròs, I. Bonnadier, G. Robert, V. Condesse, D. Vigneron, P. Villaumé, M. Moncozet, V. Condesse D. Dowling, Th. Gomar ; Ch. Deslignes, G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements) – Réf. TR004, Février 2002
* Album 1h (avec S. Hurtado-Ròs G. Robert, D. Vigneron, P. Villaumé, M. Moncozet, V. Condesse D. Dowling, Th. Gomar ; Ch. Deslignes, J. Pierre Laffitte, F. Al Aiedy. G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements)
* Troubadours Art Ensemble Occitan Trob’art Concept 5 : Milgrana Clausa – Réf. TR005, Février 2002
* Troubadours Art Ensemble Occitan Trob’art Concept 6 : Flamenca ! 1 CD Album 1h10 (avec S. Hurtado-Ròs G. Robert, D. Vigneron, P. Villaumé, M. Moncozet, M. Rochard, V. Condesse D. Dowling, Th. Gomar ; Ch. Deslignes ; G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements) – Réf. TR006, Septembre 2002
* Troubadours Art Ensemble Occitan Trob’art Concept 7 : Florilège 1 – 1 CD Album 1h10 (avec S. Hurtado-Ròs G. Robert, D. Vigneron, P. Villaumé, M. Moncozet, M. Rochard, V. Condesse D. Dowling, Th. Gomar ; Ch. Deslignes ; G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements) – Réf. TR007, Octobre 2003
* Troubadours Art Ensemble Navidad : Villancicos populares de Andalucia – 1 CD Album 1h (avec S. Hurtado-Ròs ; P. Villaumé, A.Rochard, V. Condesse D. Dowling, Th. Gomar ; G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements) – Réf. TR009, Mars 2004
*Troubadours Art Ensemble in Tartu – 1 CD Album 1h (avec S. Hurtado-Ròs ; P. Villaumé, V. Condesse D. Dowling, G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements) – Réf. TR010, 2005
* Cantos Sefardis, 1 CD Album 1h (avec S. Hurtado-Ròs ; V. Condesse , A.Rochard. G. Zuchetto : direction, compositions et arrangements) – Réf. TR011, 2005
* La Troba 1 – Coffret de 4 CD Albums de 75’(Troubadours Art Ensemble direction G. Zuchetto) – Réf.TR015, 2007.
* La Troba 2 – Coffret de 4 CD Albums de 75’(Troubadours Art Ensemble direction G. Zuchetto) – Réf.TR016, 2008.
* La Troba 3 – Coffret de 5 CD Albums de 75’(Troubadours Art Ensemble direction G. Zuchetto) – Réf.TR017 – 2009
* La Troba 4 – Coffret de 4 CD Albums de 75’(Troubadours Art Ensemble direction G. Zuchetto) – Réf.TR025 – 2010
* La Troba 5 – Coffret de 5 CD Albums de 75’(Troubadours Art Ensemble direction G. Zuchetto) – Réf.TR027 – 2011
* Otra Mar / Sephardic and Troubadour songs – TR020 – 2010
* Poètes du Sud / Gérard Zuchetto – Sandra Hurtado-Ròs TR032 – 2013
* Lirica Mediterranea / Troubadours Art Ensemble – TR040 – 2015
* LivreCD Despertant Instruments Adormits, réf. LibreCD01, éd. Tròba Vox, 2021.
* LivreCD Cançonetas occitanas pels drollets, réf. LibreCD02, éd. Tròba Vox, 2021
* LivreCD Art de Trobar (Troubadours Art ensemble – G. Zuchetto, direction) réf. LibreCD03, éd. Tròba Vox, 2022.
* LivreCD Cantar dels Trobadors (Troubadours Art Ensemble – G. Zuchetto, direction) réf. LibreCD04, éd. Tròba Vox, 2022.
* LivreCD Flamenca! L’ardenta flama d’amor (Troubadours Art Ensemble – G. Zuchetto, direction) réf. LibreCD05, éd. Tròba Vox, 2023
* LivreCD La Tròba 6, 2 CDs La grande anthologie chantée des troubadours (Troubadours Art Ensemble-G. Zuchetto, direction) réf. LibreCD06, éd. Tròba Vox, 2022.
* LivreCD Cantic (Sandra Hurtado-Ròs et Gerard Zuchetto poèmes de Gerard Zuchetto, Max Rouquette, Miguel Hernández et Antonio Machado. Sandra Hurtado-Ròs, chant et compositions- Claire Masson, orchestrations – Orchestre de chambre Cantic Sinfonic Orquestra dir. Bertrand Bayle) LibreCD08, éd Tròba Vox, 2024

Filmographie 

Direction musicale de films pour la télévision

* Trobadors cantan al romanic d’Alvernhia, TV3, 26’ Réal. Felip Solé, TV3 Catalunya ; 2004.

* Occitanima, Film TV3 2001 Concert à Barcelone 26’ Réal. Felip Solé, TV3 Catalunya.

* Die Troubadoure, Film TV 45’ Réal. Léo Koesten W.D.R /ARTE 1999.

* Trobadors, Film TV 45’ Réal. Michel Gayraud OXO / FR3 Sud ; 1996.

* Terra dels Trobadors n° 1 et n° 2 : Films TV, 68’ Réal. Felip Solé, TV3 Catalunya, 1995 – 1996.

* »Patrimoine Culturel Immatériel Patrimoine vivant de la France« , un film de Nadia Bedar, Didier Cappelmans, Malik André, Productions Ooh! Collective, 2011, en partenariat avec Ministère de la Culture et UNESCO[11]

*  »Un pont au dessus de l’océan« , film documentaire, réal. Francis Fourcou, ACT 2023[15]

 DANS LA PRESSE

« Ces textes, il les recrée pour nous, il les invente en même temps qu’il les offre : Troubadours et Jongleurs il les rend d’une actualité poignante. Miracle de cette « alchimie des mots et des sons » qu il a prise pour devise et dont il s’est fait le grand prêtre. » Claire DELAMARCHE (Le Monde la Musique CHOC)

« Gérard Zuchetto aborde ce répertoire des hautes époques en enfant du pays, familier des sons, des accents, de la métrique du si savoureux parler provençal. Pour tout dire, le chanteur a « l’entendement profond ” des poètes qu’il revisite. Grâce à ses études auprès de Nelli et à tout un travail sur les textes, les notes, les rythmes supposés du temps. Ainsi cible-t-il tout naturellement la thématique majeure du Trobar : la quête de la femme qui fait de la Dame (Domna) cet objet de désir “  haussé sur un piédestal, à la fois proche et inaccessible. » Roger TELLART (Diapason 5D)

« Gérard Zuchetto a un sens profond de la poésie occitane. Il manie la musique et les mots avec un vrai bonheur : son interprétation, variée, s’impose d’emblée comme une évidence. » François CAMPER (Répertoire 10)

« Gérard Zuchetto s’attache à faire ressortir la musicalité naturelle de la langue occitane, cette langue à la fois douce et âpre, parfumée comme la lavande et rugueuse comme un tronc d’olivier. » (Revue Musicale de Suisse Romande)

« Et on ressent bien cette aristocratie dans les reconstitutions effectuées par les musiciens, à partir des sources fragmentaires qui nous sont parvenues, qui offrent à la voix de Gérard Zuchetto un accompagnement à la fois racé et inventif, qui souligne les rebondissements de ces textes souvent longs mais agencés comme de véritables petits drames, et rendus tels par Gérard Zuchetto, homme de théâtre autant que chanteur. » Olivier BELLAMY (La Nouvelle République)

« Gérard Zuchetto et ses musiciens ont choisi d’établir un lien entre canso d’hier et la chanson d’aujourd’hui : une instrumentation sobre mais efficace, un usage subtil de la polyphonie qui donne une idée très vivante de ce qu’a pu être la pratique orale de l’harmonie en quartes et quintes parallèles. » Francis ALBOU (Répertoire)           

« Il y a un hérétique en Gérard Zuchetto. Et pas seulement au sens religieux du mot, à quoi nous renvoie pourtant l’enseignement qu’il a reçu du regretté René Nelli, défenseur passionné de l’identité occitane et cathare, face au pouvoir venu du Nord. Plus exactement, ce fils des Corbières n’est à l’aise que dans l’expérience, la transgression. Son projet artistique n’a pas changé, qui en fait le chantre fervent, depuis plus de quinze ans, de la lyrique troubadouresque ( Bernard de Ventadour, Peire Vidal, Raimon de Miraval, Jaufre Rudel, etc.). Avec un goût pour le « métissage » qui peut surprendre 1’auditeur non préparé. Indéniablement, l’idée est porteuse et respire un parfum d’aventure, en mêlant la lyrique occitane aux cultures sœurs de l’Orient méditerranéen au gré d’un cocktail dérangeant. »  (La Lettre du Musicien)

« Artisan-Musicien intemporel dont l’ »art de trobar » s’étend de l’aube des temps jusqu’aux créations contemporaines de Max Rouquette et Alphonse Stallaert, Gérard Zuchetto nous offre avec son ensemble un extraordinaire florilège de la lyrique occitane des XIIème et XIIIème siècles. La juste et poétique grandeur émanant de ses souples interprétations de Jaufre Rudel, Guiraut Riquier ou Bernart de Ventadour donne le frisson, et la pureté vocale de Sandra Hurtado-Ròs nous transporte en cet âge d’or de l’amour courtois. » Damien TOP, Politique Magazine juillet 2005

“The two singers, Sandra Hurtado-Ròs and Gerard Zuchetto showed a remarkable control of line – phrase expanded from a diaphanous clarity to intense richness and back again. Intonation throughout was remarkable and showed great timbral purity” Cecilia XUEREB (The Sunday Times october 17, 2004)

« Dans cet album  se rejoignent sobriété médiévale et minimalisme contemporain. Aux côtés de Gérard Zuchetto officient une pléiade de chanteurs et instrumentistes rompus aux musiques anciennes méditerranéennes. » Eliane AZOULAY (Télérama juin 2000 )

« Un chant proche et présent, c’est probablement dans ce domaine l’une des reconstitutions les plus convaincantes et convaincues, tant la démarche des musiciens-chercheurs a prouvé sa sincérité au cours des années, des enregistrements et des publications. » Claude RIBOUILLAULT (Trad Magazine juin 2000)

« Gérard Zuchetto, spécialiste mondialement reconnu du Trobar, est ici entouré de musiciens hors pairs tels Guy Robert, Dominique Regef et Domitille Vigneron. Ces trouveurs de l’an 2000 à l’érudition sans faille et à la sensibilité vibrante, lancent sous l’ardente fluidité du chant de Zuchetto, une passerelle de haute volée entre la rigueur des mélodies médiévales et la tension expérimentale de la musique contemporaine » Patrice CARTIER (Semaine du Minervois 07/2000)

« Un eveniment musical plen de Joi e de Jovens !    Un événement musical plein de joie et de jeunesse ! » Franc BARDOU (La Setmana novembre 2000)

« Le travail de Gérard Zuchetto est d’une grande ampleur. En effet ce spécialiste effectue des recherches constantes sur l’art des troubadours et actualise celui-ci. Cela se ressent dans l’interprétation originale, recherchée, élégante et harmonieuse du dernier enregistrement de Troubadours Art Ensemble. Le résultat est excellent. » Jack MORLAU (L’écho du Centre 12/2000)

« A la tête de Troubadours Art Ensemble, Gérard Zuchetto poursuit son périple dans la poétique des troubadours. Il revisite les textes et, à partir des mélodies médiévales, retrouve la dimension universelle de l’art de trobar. Ce leg de l’Histoire, il a su se l’approprier pour le donner à entendre aujourd’hui en restant fidèle à l’esprit. Le dernier enregistrement de Troubadours Art Ensemble est un pur joyau. Gérard Zuchetto a retrouvé la voie perdue. Parce qu’il a su aller à l’essentiel, sans cabotinage ni folklore. Pour parler à l’humain. L’art de trobar est vivant. Il entend le rester. » Serge BONNERY (L’Indépendant décembre 2000)

« Depuis quinze ans qu’il arpente les mélodies et les textes des troubadours, c’est une liberté à présent maîtrisée qu’il donne à entendre, subtile au point de faire coïncider l’ivresse poétique et le respect de cet art ancien. Point de théâtre facile dans ce processus, mais une intériorisation du métier de « trouveur » qui le rend capable, comme bien peu, de les chanter avec une indépendance de ton qui en restitue la force poétique. » Marc DESMET(Le Monde de la Musique décembre 2000 CHOC)

« Gérard Zuchetto ne se contente pas de reconstituer l’art des troubadours, il le recrée. Dans ce nouvel album il réussit une escapade dans le lyrique par la grâce des voix d’Isabelle Bonnadier et de Sandra Hurtado, qui alternent agréablement avec la sienne, grave, douce, réfléchie, et celle âpre, ivre d’ornementations de Jan dau Melhau. » Eliane AZOULAY (Télérama janvier 2001)

« Comme un voyageur intersidéral débarqué tout droit du XIIIème siècle… Gérard Zuchetto a l’air badin. Son grand art est évidemment la transgression. Une liberté héritée de cette période considérée à plus d’un titre comme préfiguratrice de la world music, avec ses ornementations arabo-andalouses et ses articulations légères. Chez Zuchetto, il n’y a pas de connaissance qui ne soit incarnée, pas de théorie sans création. L’art du sculpteur de sons d’aujourd’hui, comme il se définit lui-même, est de jongler avec la musicalité profonde du mot dans un enchevêtrement métrique et mélodique, l’entrebescamen. » Emmanuelle HONORIN (Le Monde de la Musique Juin 2002)

« La musicologie viendra au secours du projet et, par un tour prosodique de son invention, Jaufré Rudel, héros romantique avant la lettre et exhumé par ceux du courant du même nom, renaîtra et son obstinément répétitif “amour lointain” – sonore, inaccessible, impossible, sans espoir, non réciproque bien entendu, héros des traditions occidentale de l’Amour malheureux. Les initiatives en la matière sont nombreuses, souvent singulières et attachantes. Celle de Gérard Zuchetto décrit un sacerdoce. Cela fait longtemps que le néo-troubadour chante ses ancêtres-; auteur, compositeur, producteur et éditeur, il y consacre sa vie, son énergie, la ferveur et l’audace d’une recherche personnelle, généalogique. Depuis 1985 et la fondation du Centre de recherche Trobar (centre européen pour la recherche et la diffusion des troubadours), il arpente inlassablement collines et plaines vallonnées de la géographie de la lyrique occitane, puisant aux sources manuscrites originales, expérimentant au quotidien ses dimensions linguistiques, poétiques, musicales, historiques, spirituelles, et ainsi de suite, au gré de sa propre évolution personnelle. En 1999 il crée et dirige Troubadours Art Ensemble, en 2000 Trob’Art Productions et sa collection de disques Tròba Vox. Dès ses premiers enregistrements, il actualise l’art de trobar, en “trouvant” mots et mélodies dans les sonorités des instruments anciens ou traditionnels et les mélismes de la musique modale. Le septième volume de cette monographie troubadour est dédié aux chants d’amour. En avant pour chanter Rudel, la voix de la soprano Sandra Hurtado-Ròs, originaire d’Andalousie, s’offre sans partage à la lancinante nostalgie de l’absence. Renoue-t-elle ainsi avec ses racines sévillanes et le chant profond de son Andalousie natale ? Elle est entourée de musiciens excellents, rompus à la pratique de la musique ancienne et de la musique traditionnelle. C’est au carrefour qu’on trouve la lumière. » Catherine PEILLON La pensée de midi 161-163 LES  MUSICALES   

« L’exposition des nouveaux tableaux d’Edith Tar à la Studiogalerie le 19 mai 2000 et la musique de Gérard Zuchetto ont été une association merveilleuse. Cette journée me restera en mémoire et je suis content que tout se soit passé ainsi. J’ai été étonné de voir comment cette musique s’est développée et combien de liberté elle laisse à l’interprétation. De toute façon, je suis fasciné par la musicalité de la langue. Quelquefois, je pense que les mots n’ont jamais été, ni avant, ni après, aussi liés au spectre sonore les accompagnant qu’au temps de Ventadorn, Rudel, Miraval, Peirol et tous les autres. Cela a été l’époque où les hommes se sont émancipés par rapport à une Eglise qui, spirituellement, déchargeait de tout l’individu en dogmatisant son rôle de représentant. La seule chose qui me semble signifiante est le fait qu’avec l’apparition de la culture des troubadours, les hommes ont pu, en dehors de l’Eglise, apprendre la force poétique des mots – et cela, dans leur langue, qui a dû leur apparaître comme une fleur qui s’ouvre. Quelquefois, je pense que cela a dû être une révolution comparable à celle de la musique rock dans les années 60. En même temps, il y a eu une appropriation ou une redécouverte de la langue par les poètes. Beaucoup sont déjà oubliés, mais que sont 700 ans pour les rééditer…

En tout cas, le concert de Gérard Zuchetto a été merveilleux ; il y a longtemps que de la musique ne m’a pas autant touché dans mon corps. Et en plus cela a été une cuillerée de miel pour l’âme. J’ai été surpris par la virtuosité de Dominique Regef, avec quel spectre de nuances il joue du rebec et du violoncelle et sa manière de faire de la vielle un instrument à sonorité moderne. Le degré de sensibilité et de concentration était presque incroyable ; son jeu avec le piano produisait des sonorités étrangement changeantes et irréelles, toutes nouvelles pour l’oreille et quelquefois même, déconcertantes dans les phrases, sans crainte des ruptures, mais toujours captivantes parce qu’ici, le traditionnel a une résonnance contemporaine et le contemporain une résonnance traditionnelle. Mainte personne a été étonnée, au début, de voir comment le magicien Michel Rousset faisait s’accorder le piano, né dans les salons bourgeois entre le siècle des Lumières et le Romantisme, avec le rebec ou la vielle , pour, en fin de compte, trouver cela merveilleux. La dominance suggestive de cet instrument agissait en contrepoint, sans jamais peser sur la toile filigrane et laissait à la voix de Gérard Zuchetto la place qui est nécessaire à son épanouissement et qui procure  à cette musique  un environnement vibrant. » Radjo MONK, traduit de l’allemand par Pascale Hiemann. Kaditzsch (ahn) / Leipzig. Poésie et musique de la Méditerranée à la Studiogalerie Kaditzsch  19 mai 2000.

« Les troubadours occitans étaient les hôtes exotiques qui apportèrent, lors du vernissage de l’exposition d’Edith Tar à la Studiogalerie Kaditzsch, la musique et la poésie du Midi de la France dans la  pluvieuse vallée de la Muldetal. Ils ont été l’inspiration de l’artiste de Leipzig pour quelques-uns de ses tableaux et ont ainsi donné  à l’exposition une fantastique consécration. Gérard Zuchetto, le leader de l’ensemble, s’est spécialisé dans l’interprétation de l’art lyrique occitan des 12e et 13e siècles. Il a découvert la philosophie dans l’art des troubadours et actualisé leur musique.  Non seulement on redécouvre  les valeurs d’amour et de courtoisie, de ces racines culturelles rejaillit également l’art de vivre. Avec Dominique Regef et Michel Rousset, il a à ses côtés des musiciens experts de cet art et qui ont offert aux invités le plaisir d’un concert exceptionnel. Tout d’abord, il y a les instruments historiques – les flûtes, la vielle à roue, le rebec – qui résonnent avec une passion retenue. Zuchetto pleure, sanglote sur plusieurs octaves; on pense aux mélodies mélancoliques des Tsiganes. Les cœurs fondent quand Zuchetto sourit. Cependant, les musiciens français ont en tout une légèreté qui enchante le public, loin de tout cliché. Le piano entonne dans le style ragtime qui donne aux compositions historiques accents et rythme. Même la quelque peu grinçante vielle à roue s’accorde parfaitement avec lui. Aucun des instrument ne domine, bien que chaque musicien montre en soliste ce dont il est capable. Lorsque, au premier bis – d’autres le suivront – , Gérard Zuchetto invoque la lune (ou Sirius?), tous les anciens instruments sont utilisés de façon expérimentale.

Le tout dernier chant est beau à pleurer. Gérard Zuchetto, qui présente chacun de ses chants par un texte à moitié en anglais, à moitié en allemand, donne au public, grâce à ses gestes et à sa voix, le sentiment de presque tout comprendre, même quand les mots leur manquent. Le parfum de la Provence, la féerie du Sud, tout cela était présent et a touché les spectateurs… » Beate BATMET (19/05/2000)

« L’idée est audacieuse : mettre en chanson la poésie d’Occitanie. Pourtant, OCCITANIMA n’est pas à proprement parler un concert, ni même un spectacle. C’est l’éternelle histoire de l’exil intérieur, indissociable de la création artistique, mais d’un exil arrimé, rivé, ancré à la terre occitane sur laquelle il trace un joli filet de chemins de traverses, d’un style à l’autre, d’un son à l’autre, d’une langue à l’autre aussi.

La terre d’oc qu’il nous est donné d’entendre révèle en creux tous ses ailleurs pour nous offrir le monde, un monde décliné selon René Nelli, Max Rouquette, René Depestre, Max Allier, Pierre Reverdy, Charles Cros, Jacques Audiberti et bien sûr, les troubadours… Langue occitane, tonale et profonde aux voyelles colorées, langue française étale, plus belle d’être seconde, servies par la voix d’eau claire et de brasier de Gérard Zuchetto, ici entouré de musiciens magnifiques venus d’horizons divers : la variété, le traditionnel, le jazz… OCCITANIMA ne se raconte pas, c’est un de ces moments de partage indéfinissables quand l’autre nous ouvre sa porte, presque en silence, avec la pudeur bourrue des âmes généreuses. On en redemande. »  Marie COSTA

« Lorsque aux XIème et XIIème siècles, les troubadours firent irruption sur le territoire de la poésie et de la musique européennes, le monde bascula à l’intérieur des mentalités occidentales. S’instaura dès lors un mode de rapport nouveau entre l’homme et la femme, mais aussi, plus généralement entre les humains, définitivement requis du côté de leur individualité. Cet « esprit », ouvert par l’art courtois d’Occitanie, est resté en germe dans toute la lyrique du « Grand Midi », ainsi que l’appelait Nietzsche, y maintenant l’équilibre entre le chant ouvert et le « trouver » clos, entre la clarté et l’obscurité, entre la beauté extravertie du monde et son sens caché. Char en Provence, Reverdy en Languedoc sont, au XX ° siècle, les héros et les hérauts de cette façon claire-obscure d’enclore l’universel dans le particulier et de suggérer beaucoup en proférant peu.

C’est à la jonction de cette tradition et de cette extrême modernité que se situe Gérard Zuchetto. Du trobar médiéval au trésor poétique contemporain, il parcourt et englobe dans sa « manière » tout le spectre musical qui va de Bysance à la Sardaigne, de Cordoue au bel canto, de Naples à la monodie romane. Et la surprise qu’il nous réserve, c’est de faire entendre par là des accents d’une contemporanéité encore à découvrir. Associé ici au talent de Michel Rousset, lui-même remarquable pianiste et compositeur, il dit et chante quelques uns des poètes emblématiques du sud occitan : René Nelli, Max Rouquette, Joe Bousquet, Max Allier. Il y fait entendre aussi René Depestre, dont la sensibilité haïtienne se glisse charnellement dans la mémoire d’une Occitanie qui l’a adopté. » Gil JOUANARD